Après le débat politique, place au grand chantier technique de la loi SREN: Démystifier les enjeux clés et les implications pratiques
Article mis à jour le 11 septembre 2024.
La loi SREN vient d’être adoptée, mais sa mise en œuvre pose déjà problème. Deux mesures principales sont notamment délicates à mettre en place : la vérification de l’âge des internautes sur les sites pornographiques et un filtre anti-arnaques. La vérification temporaire de l’âge se fera par carte bancaire, en attendant la mise en place de nouveaux outils plus robustes. L’Autorité de régulation a lancé une consultation publique pour établir un référentiel avec les sites porno, qui devront respecter seize critères de confidentialité et de sécurité pour les futurs dispositifs aggréés par l’autorité.
Moins de ressources humaines, mais bon sur le plan technique
Le projet de loi SREN, portant sur la vérification de l’âge en ligne, suscite des critiques pour son retard. Des experts déplorent que les mesures nécessaires auraient dû être mises en place plus tôt. La mise en œuvre du mécanisme de vérification respectueux de la vie privée prendra encore un certain temps, impliquant une consultation publique et des étapes d’analyse avant sa mise en place effective. Par ailleurs, la lutte contre les arnaques en ligne est également au centre des préoccupations avec le développement d’un filtre anti-arnaque visant à protéger les utilisateurs contre les sites malveillants diffusant frauduleusement des liens. Ce processus vise à avertir l’utilisateur du danger potentiel avant qu’il ne clique sur le lien suspect.
La normalisation compliquée des rapports
Le dispositif de filtre anti-arnaque doit être connecté à une liste noire de sites malveillants, alimentée en permanence par des signalements. Cette liste sera ensuite envoyée aux navigateurs web (Google Chrome, Mozilla Firefox, Microsoft Edge…), qui se chargeront d’afficher le message d’avertissement. Les équipes chargées de ce chantier technique attendent un financement de plus d’un million d’euros pour s’attaquer aux enjeux chronophages de standardisation des signalements, du mode d’envoi aux navigateurs, et de la mise en place d’une autorité de contrôle indépendante. La mise en œuvre du filtre anti-arnaque devrait prendre « plusieurs mois », selon la ministre.
Journaliste économique et auteur, je m’attache à décrypter les grandes tendances économiques mondiales et à rendre accessibles des concepts complexes. Mon parcours m’a conduit à collaborer avec divers médias nationaux, où j’ai analysé les réformes majeures et leurs répercussions sur la société.