Formation professionnelle : le gouvernement resserre encore la vis sur un pilier de la politique de l’emploi d’Emmanuel Macron
Formation professionnelle : le gouvernement resserre encore la vis sur un pilier de la politique de l’emploi d’Emmanuel Macron
Article mis à jour le 25 septembre 2026.
Le gouvernement prépare un nouveau tour de vis sur le compte personnel de formation (CPF), outil emblématique de la formation professionnelle développée sous Emmanuel Macron. Annoncée le 23 septembre, la mesure prévoit une hausse du reste à charge pour les salariés qui mobilisent leurs droits afin de financer des formations considérées comme non prioritaires. Son entrée dans le débat budgétaire intervient alors que l’exécutif cherche à contenir les dépenses publiques en vue du budget 2027.
Le changement touche à un équilibre central de la politique de l’emploi : permettre aux actifs de se former tout au long de leur parcours, tout en limitant le coût collectif des dispositifs. Il s’ajoute à d’autres restrictions concernant le financement des formations et l’apprentissage. Pour un salarié qui envisage une reconversion, la question devient concrète : quelle part du coût pourra-t-il encore assumer, et quelles formations resteront accessibles sans effort financier important ?
La réforme ne signifie pas la disparition du CPF, mais elle en resserre les conditions d’usage. Le gouvernement entend mieux cibler les financements ; les salariés et les organismes de formation redoutent, eux, que le critère budgétaire ne réduise l’accès à des parcours utiles mais jugés moins prioritaires. Le débat porte donc autant sur la maîtrise des coûts que sur la capacité réelle des actifs à acquérir de nouvelles compétences.
CPF : un reste à charge plus élevé pour certaines formations
La mesure annoncée vise les formations qualifiées de non prioritaires : les salariés concernés devraient contribuer davantage lorsqu’ils utilisent leur compte personnel de formation. Les informations disponibles ne précisent pas ici le montant de cette hausse ni l’ensemble des critères de classement ; il convient donc de distinguer cette annonce des règles déjà applicables à tous les dossiers.
Le gouvernement présente ce resserrement comme un moyen de mieux orienter les fonds publics vers les besoins considérés comme les plus pressants. Pour les salariés, une participation accrue peut toutefois modifier l’arbitrage : une formation envisagée pour évoluer dans son entreprise ou préparer une reconversion risque d’être reportée si le coût restant devient trop important. Les premières réactions rapportées par les réactions suscitées par le nouveau tour de vis sur le CPF illustrent cette inquiétude.
Un choix entre ciblage des fonds et liberté de parcours
Dans une petite entreprise, par exemple, une salariée qui souhaite apprendre un logiciel de gestion peut avoir besoin de cette compétence pour accéder à un poste plus qualifié. Si sa formation n’entre pas dans les catégories jugées prioritaires, le reste à charge devient un facteur déterminant, même lorsque le projet répond à un besoin professionnel concret.
Ce point est décisif pour les actifs dont l’employeur ne peut pas compléter le financement. Un dispositif plus sélectif peut réduire les dépenses, mais aussi éloigner certains salariés des formations qui facilitent leur mobilité. Les règles devront donc être suffisamment lisibles pour que chacun puisse anticiper le coût et vérifier l’éligibilité de son projet.
Formation professionnelle : le contrôle des financements s’étend
Le CPF n’est pas le seul levier concerné par les économies. Les conditions de financement des formations par France Travail ont également été resserrées depuis le 1er septembre 2026, selon les informations publiées sur l’évolution des critères de financement de France Travail. Cette évolution renforce le rôle du contrôle et de la sélection des parcours soutenus par les fonds publics.
Pour les pouvoirs publics, mieux vérifier la pertinence des formations peut limiter les dépenses peu efficaces et concentrer les moyens sur les besoins de recrutement. Mais cette logique suppose des critères adaptés à la diversité des parcours : une formation utile à un demandeur d’emploi dans un bassin industriel peut ne pas correspondre aux priorités d’un autre territoire.
- Pour les salariés : vérifier le montant restant à payer et les critères de priorité avant de s’engager.
- Pour les employeurs : identifier les compétences manquantes et étudier les possibilités de cofinancement.
- Pour les organismes de formation : anticiper des arbitrages plus exigeants et expliquer clairement les débouchés des parcours proposés.
- Pour les pouvoirs publics : mesurer si les restrictions réduisent les coûts sans freiner les reconversions et l’accès à l’emploi.
La Dares suit les politiques d’emploi et de formation, notamment à travers des travaux statistiques et des évaluations de dispositifs. Ces analyses, présentées sur sa page consacrée aux politiques d’emploi et de formation professionnelle, sont essentielles pour apprécier les effets concrets d’un changement de financement, au-delà de l’économie immédiate réalisée.
Apprentissage et organismes de formation sous pression budgétaire
Le durcissement intervient dans un secteur déjà fragilisé par la baisse ou la révision de plusieurs soutiens. L’apprentissage, qui avait connu une forte expansion, marque lui aussi un recul après plusieurs années de croissance ; l’analyse du ralentissement de l’apprentissage replace cette évolution dans le contexte des arbitrages publics.
Pour les centres de formation, la combinaison de critères plus stricts et de financements moins accessibles peut fragiliser l’activité, en particulier lorsque leur modèle dépend des fonds liés au CPF ou à l’alternance. Un article consacré aux tensions du secteur décrit les risques pour l’emploi dans les organismes concernés ; cette situation rend d’autant plus importante la prévisibilité des règles et des budgets.
La politique de l’emploi portée depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron a fait de la montée en compétences et de l’apprentissage des leviers majeurs. Leur réorientation répond aujourd’hui à une contrainte budgétaire, mais pose une question de fond : comment réduire les dépenses publiques sans affaiblir les dispositifs qui permettent aux salariés de s’adapter aux transformations de l’économie ? La réponse dépendra autant des critères de financement que du suivi des effets sur les parcours professionnels.
Journaliste spécialisé dans la transition économique et l’entrepreneuriat, je m’attache à décrypter les évolutions industrielles et les initiatives innovantes qui façonnent notre avenir. Mon parcours m’a conduit à collaborer avec divers médias nationaux, où j’ai analysé les réformes majeures et leurs répercussions sur la société.