Il est temps de transformer le projet Territoires zéro chômeur de longue durée en une initiative permanente

Il est temps de transformer le projet Territoires zéro chômeur de longue durée en une initiative permanente

Il est temps de transformer le projet Territoires zéro chômeur de longue durée en une initiative permanente

Article mis à jour le 4 octobre 2025.

Transformer l’expérimentation « Territoires zéro chômeur de longue durée » en politique permanente n’est plus un horizon lointain mais un levier pragmatique pour l’emploi local. Selon les experts, l’heure est venue de sécuriser les financements, d’éviter la standardisation et de préserver la capacité des territoires à inventer leurs propres solutions.

Une analyse approfondie révèle que la démarche lancée en 2016, renforcée en 2020 et déployée dans près de 75 territoires habilités, a fait ses preuves pour l’accès à l’emploi en CDI via des entreprises à but d’emploi. L’équation se clarifie en 2025 : face à un marché de l’emploi heurté et à des réformes d’assurance chômage plus strictes, il est essentiel de considérer la pérennisation comme un investissement social.

  • Enjeu central : passer de l’« expérimentation permanente » à une initiative nationale durable.
  • Clé opérationnelle : préserver les singularités territoriales et l’ancrage local.
  • Impératif financier : basculer vers une activation des dépenses passives assumée et mesurable.

Sommaire

  • Pérennisation et extension de TZCLD : état des lieux et cap à tenir
  • Que montrent les évaluations 2016-2024 ? Résultats, limites et points d’appui
  • Du « plutôt un salaire que des allocs » à l’investissement social
  • Étude de cas : une EBE qui répond aux besoins non couverts
  • Gouvernance territoriale : préserver les singularités, sécuriser les emplois
  • Cadre législatif 2025 : de l’expérimentation à la loi-cadre
  • Perspectives macroéconomiques : pourquoi agir sans attendre

Pérennisation et extension de TZCLD : état des lieux et cap à tenir

L’exposé des motifs de la proposition de loi pousse à la « pérennisation et extension progressive » du dispositif, après deux lois d’expérimentation. La Banque des Territoires documente les jalons et les conditions de réussite, tandis que le ministère du Travail rappelle la philosophie initiale du projet.

Pour mesurer le chemin parcouru et les enjeux actuels, les sources publiques détaillent l’architecture du programme, ses EBE et les coopérations avec les acteurs sociaux. À ce stade, la question n’est plus « si » mais « comment » passer à l’échelle, sans dénaturer l’ADN territorial de la démarche.

Il est temps de transformer le projet Territoires zéro chômeur de longue durée en une initiative permanente

Que montrent les évaluations 2016-2024 ? Résultats, limites et points d’appui

Les évaluations publiques et académiques convergent : remobilisation des personnes, accès à des emplois stables et construction d’alliances locales. Des nuances existent, notamment la tension entre l’utopie initiale et la réalité du travail en EBE, ou la tentation de la standardisation.

Selon les experts, l’enjeu est d’affiner les métiers, de clarifier la place du travail réel et de stabiliser les modèles économiques locaux. Le reportage de terrain confirme que la fierté retrouvée ne suffit pas sans visibilité pluriannuelle des financements.

Du « plutôt un salaire que des allocs » à l’investissement social

Le cœur du modèle tient à l’activation des dépenses passives : mieux vaut financer un emploi utile localement qu’une indemnisation sans perspective. Pour pérenniser, il faut un cadre de cofinancement pluriannuel, articulant État, collectivités et contributions locales.

Le contexte social 2025 met la pression : réforme des droits, durcissement des sanctions et objectifs d’économies sur l’assurance chômage. Pérenniser TZCLD, c’est organiser une réallocation mesurée vers l’emploi et la formation sur des besoins non couverts.

Étude de cas : une EBE qui répond aux besoins non couverts

Dans une commune industrielle fictive, « Valmont-sur-Loire », l’EBE « Les Ateliers du Rivage » a créé des activités autour du réemploi, des cuisines solidaires et de la mobilité inclusive. Le projet s’appuie sur des partenaires comme Emmaüs, Secours Catholique, Restos du Cœur et la Fondation Abbé Pierre, avec l’appui de La Croix-Rouge française.

Le repérage des personnes se fait en proximité avec Pôle emploi (devenu France Travail), Solidarités nouvelles face au chômage, et des réseaux de l’ESS comme Coorace. Résultat : des CDI à temps choisi, un retour de la confiance, des services concrets pour les habitants et une baisse mesurable des coûts sociaux.

  • Exemples d’activités utiles : réhabilitation légère de logements vacants, portage de repas, entretien d’espaces naturels, conciergerie de quartier.
  • Alliances locales : ATD Quart Monde et APF France handicap contribuent à la co-conception des postes inclusifs.
  • Effets visibles : hausse du taux d’emploi des seniors, consolidation de parcours pour des jeunes sans solution.

Ce type d’EBE illustre l’intérêt d’un financement pérenne : il transforme des besoins invisibles en emplois durables au service du territoire.

Gouvernance territoriale : préserver les singularités, sécuriser les emplois

L’une des forces de TZCLD, c’est sa gouvernance locale : diagnostic partagé, comité de pilotage pluraliste, et capacité à adapter les métiers au fil de l’eau. La montée en puissance exige d’éviter un modèle unique, au risque de brider l’innovation sociale.

Les réseaux de l’ESS et de l’inclusion (ex. UNEA) insistent sur la qualité du travail, l’accompagnement, et la formation. Dans cette perspective, la coordination avec les collectivités, les associations et les entreprises locales reste déterminante.

  • Garde-fous essentiels : autonomie des territoires, comptabilité d’impact, mutualisation des savoir-faire via la communauté de l’inclusion.
  • Alliés clés : ATD Quart Monde, APF France handicap, Emmaüs, Coorace, La Croix-Rouge française.
  • Capacités locales : maillage des associations (ex. Secours Catholique, Restos du Cœur, Fondation Abbé Pierre) pour des parcours sur mesure.

La gouvernance robuste s’observe lorsque les EBE articulent qualité du travail, accompagnement et dialogue social, garantissant la fidélité au projet et la sécurité des parcours.

Cadre législatif 2025 : de l’expérimentation à la loi-cadre

Le relais parlementaire existe : la proposition de loi n°1326 vise à « exercer l’accès à l’emploi, pérenniser et étendre progressivement » le dispositif. Adosser TZCLD à une loi-cadre clarifierait le financement, les objectifs d’impact et les droits des salariés.

La trajectoire pourrait s’appuyer sur des indicateurs d’utilité sociale et d’efficience économique, articulés avec les stratégies locales d’insertion, de formation et d’ESS. Les échanges entre territoires permettent déjà de converger vers de bonnes pratiques.

Un cadre clair, des objectifs mesurables et un financement stable : c’est la combinaison qui transforme une expérimentation en politique publique structurante.

Perspectives macroéconomiques : pourquoi agir sans attendre

Au-delà du dispositif, le tissu productif évolue : ralentissement de l’emploi, tensions sectorielles, épisodes de fermeture ou de mise en pause industrielle. Ces signaux plaident pour une stratégie d’emploi local contracyclique capable d’amortir les chocs.

Les dirigeants ajustent leurs plans face à la conjoncture, pendant que certaines usines réduisent temporairement la voilure. Dans ce contexte, stabiliser des EBE outille les territoires pour répondre aux besoins non satisfaits et maintenir le lien emploi-société.

La pérennisation de TZCLD s’inscrit alors comme une réponse pro-emploi et pro-territoires, capable de convertir l’incertitude macroéconomique en opportunités locales durables.

Il est temps de transformer le projet Territoires zéro chômeur de longue durée en une initiative permanente

Journaliste spécialisé dans la transition économique et l’entrepreneuriat, je m’attache à décrypter les évolutions industrielles et les initiatives innovantes qui façonnent notre avenir. Mon parcours m’a conduit à collaborer avec divers médias nationaux, où j’ai analysé les réformes majeures et leurs répercussions sur la société.