Le CESE propose vingt mesures clés pour lutter contre la précarité de l’emploi

Le CESE propose vingt mesures clés pour lutter contre la précarité de l’emploi

Le CESE propose vingt mesures clés pour lutter contre la précarité de l’emploi

Article mis à jour le 27 février 2026.

Le CESE adopte un ensemble de mesures clés pour intensifier la lutte contre la précarité sur le marché de l’emploi. Adopté en séance plénière le 24 février 2026 par 84 voix pour, 28 contre et 15 abstentions, l’avis « Lutter contre la précarité professionnelle par une économie plus inclusive » s’inscrit dans un contexte paradoxal : le chômage a reculé à 7,9 % fin 2025, mais les trajectoires professionnelles demeurent instables. Une analyse approfondie révèle pourquoi. En 2024, près de 45,9 millions de contrats ont été conclus dans le privé en France, dont seulement 4,2 millions en CDI. Et si 73 % des salariés bénéficient d’un contrat durable (CDI et fonction publique), la tendance se tasse, tandis que 24,4 % des temps partiels déclaraient souhaiter travailler davantage (Dares, 2023). Selon les experts du Conseil, la vulnérabilité gagne des secteurs entiers — logistique, aide à domicile, hôtellerie, intermittence — et touche autant les jeunes actifs que les seniors.

Ce corpus de préconisations cible la sécurité de l’emploi, la stabilité professionnelle, les conditions de travail et la protection sociale, avec un accent sur le soutien aux travailleurs précaires et les territoires. L’objectif est double : endiguer la spirale des contrats courts et du sous-emploi, et sécuriser les mobilités (formation, reconversion, garde d’enfants, santé au travail). Pour un panorama de fond, voir les ressources du Conseil sur les solutions face à la précarité du travail et l’angle médias dans cette analyse de référence. À l’échelle européenne, le débat résonne avec des recommandations clés pour la cohésion sociale. En toile de fond, une question guide l’ensemble : comment transformer la reprise en garanties durables pour celles et ceux qui enchaînent missions et horaires fragmentés ?

Vingt mesures clés du CESE pour la lutte contre la précarité de l’emploi

Au cœur des vingt mesures clés, le Conseil cible quatre leviers : réduction des contrats très courts, sécurisation des transitions, amélioration des conditions de travail et consolidation de la protection sociale. Selon les rapporteurs Jean-Marc Boivin et Saïd Hammouche, la priorité est de tarir la « zone grise » des statuts instables et de rendre plus prévisible l’organigramme des entreprises. Il est essentiel de considérer la diversité des territoires : l’avis prévoit d’évaluer finement les dispositifs d’insertion et le recrutement des employeurs publics et privés suivant les besoins locaux, puis d’ajuster les incitations.

Sur le terrain, l’exemple de Nadia, préparatrice de commandes en entrepôt, éclaire les effets concrets. Entre missions d’intérim et temps partiel imposé, elle illustre un modèle qui pèse sur la santé, la formation et les perspectives familiales. Le secteur logistique, en forte tension, reste emblématique des arbitrages à faire entre flexibilité et dignité du travail ; lire à ce sujet une enquête sur le coût social de ces emplois. L’enjeu, souligne le Conseil, est d’aligner la performance opérationnelle avec une stabilité professionnelle minimale.

Le CESE propose vingt mesures clés pour lutter contre la précarité de l’emploi

Priorité à la sécurité de l’emploi et à la stabilité professionnelle

Le CESE recommande d’encadrer le recours aux contrats courts, de favoriser la conversion en CDI et de renforcer l’accès aux droits pour les travailleurs multi-employeurs (intérim, plateformes, saisonniers). Une analyse approfondie révèle que la prévisibilité des plannings, les délais de prévenance et la limitation des réembauches en CDD sur le même poste sont des déterminants concrets de la sécurité de l’emploi. Ces mesures s’articulent avec la montée en puissance du service public de l’emploi ; à titre d’illustration, France Travail intensifie son suivi des demandeurs d’emploi pour sécuriser les parcours.

Cette approche met l’accent sur les secteurs aux cycles d’activité irréguliers — tourisme, événementiel, audiovisuel —, où l’intensification du travail et l’enchaînement des missions accentuent l’usure. Pour un éclairage sectoriel, voir l’analyse sur les techniciens du cinéma à l’ère des plateformes. Le fil conducteur est clair : plus de souplesse dans l’organisation, mais des garanties minimales qui rendent l’avenir lisible.

La logique d’ensemble s’inscrit dans une trajectoire européenne de cohésion sociale, avec des objectifs partagés de mobilité ascendante et d’investissement dans la santé au travail. L’idée force : sécuriser les personnes tout en accompagnant l’adaptation des entreprises aux chocs sectoriels.

Améliorer les conditions de travail et la protection sociale : leviers décisifs

Le Conseil avance des chantiers concrets : conditions de travail dignes (plannings fiables, prévention des risques, concertation), revalorisation des bas salaires, lutte contre le temps partiel subi et meilleure protection sociale des travailleurs aux parcours discontinus. En 2023, 24,4 % des salariés à temps partiel souhaitaient travailler davantage ; répondre à cette demande, c’est agir à la source sur le pouvoir d’achat et la santé mentale. Selon les experts, la rémunération prévisible et l’accès effectif à la formation sont des amortisseurs essentiels.

Dans sa dimension macroéconomique, l’avis rappelle que la baisse du chômage peut masquer des fragilités persistantes. Plusieurs études pointent un « reflux trompeur » quand le sous-emploi et la rotation des contrats progressent, comme le souligne cette mise en perspective. Le calibrage de l’assurance chômage reste déterminant ; des réformes envisagées pourraient réduire la durée d’indemnisation pour une partie des publics, d’où l’importance d’un filet social actif, voir les conséquences potentielles de la réforme. Insight clé : l’inclusion passe par des droits portables et lisibles, quel que soit le statut.

Soutien aux travailleurs et montée en compétences

Le CESE insiste sur le soutien aux travailleurs tout au long du parcours : droits rechargeables, accès simplifié au CPF, reconnaissance des compétences et régulation des organismes peu scrupuleux. La montée en compétences ne peut porter ses fruits que si l’écosystème est assaini ; sur ce point, les arnaques à la formation rappellent l’urgence de sécuriser les financements et l’accompagnement. À l’échelle des entreprises, renforcer le dialogue social et investir dans l’ergonomie, c’est prévenir l’absentéisme et fidéliser les équipes.

  • Réduire les contrats très courts et prévoir des paliers d’accès aux droits proportionnels aux heures travaillées.
  • Encadrer le temps partiel : priorité au passage à temps plein, délais de prévenance garantis, heures complémentaires payées au bon taux.
  • Sécuriser les transitions : accès effectif à la formation, VAE accélérée et accompagnement renforcé pour les reconversions.
  • Améliorer la santé au travail : prévention des TMS, aménagements de postes et suivi des risques psychosociaux.
  • Rendre les salaires lisibles : transparence des grilles, revalorisations ciblées sur les premiers déciles.
  • Protéger les travailleurs multisites (intérim, plateformes) par des droits portables et une couverture accident du travail adaptée.
  • Évaluer les politiques d’insertion par territoire et ajuster les incitations pour les employeurs publics et privés.

Pour suivre l’évolution des textes et des avis, consulter les pages du Conseil : travaux publiés et communiqué sur la précarité professionnelle. En complément, le décryptage sectoriel d’AEF permet d’appréhender les arbitrages opérationnels : panorama des préconisations adoptées. Ligne de force : passer d’une logique de patchwork à une architecture de droits continue.

Au-delà des instruments, la philosophie de l’avis tient en une équation simple : une sécurité de l’emploi crédible suppose des conditions de travail robustes et une protection sociale adaptable, pour que la stabilité professionnelle ne soit plus l’exception mais la règle. C’est à cette aune que seront jugées les mesures clés proposées par le CESE.

Le CESE propose vingt mesures clés pour lutter contre la précarité de l’emploi

Journaliste spécialisé dans la transition économique et l’entrepreneuriat, je m’attache à décrypter les évolutions industrielles et les initiatives innovantes qui façonnent notre avenir. Mon parcours m’a conduit à collaborer avec divers médias nationaux, où j’ai analysé les réformes majeures et leurs répercussions sur la société.